L’afrofuturisme est devenu l’un des mots les plus forts de la culture, en musique, au cinéma, dans la mode et dans la BD. Mais il existe un autre mot, le futurisme africain, et la différence compte. Voici ce que signifient les deux, d’où ils viennent, et comment un univers de BD congolaises imagine l’avenir depuis Kinshasa.
Qu’est-ce que l’afrofuturisme ?
Le mot afrofuturisme a été inventé par l’écrivain Mark Dery en 1993, dans un essai intitulé Black to the Future. Il désigne un art qui imagine des futurs noirs par la science-fiction, la technologie et le mythe. Ses racines sont plus anciennes : le musicien de jazz Sun Ra, qui disait venir de Saturne, les romans d’Octavia Butler, les vaisseaux funk de Parliament. L’afrofuturisme est né en grande partie dans la diaspora africaine, surtout en Amérique.
Qu’est-ce que le futurisme africain ?
En 2019, l’écrivaine nigériane américaine Nnedi Okorafor a proposé le mot Africanfuturism. Elle décrivait une science-fiction enracinée d’abord dans la culture, l’histoire et le regard africains, centrée sur l’Afrique elle-même plutôt que sur la diaspora ou l’Occident. Pas un rejet de l’afrofuturisme, mais un autre centre de gravité.
Pourquoi la différence compte
L’afrofuturisme demande souvent : à quoi ressemblerait l’avenir pour un peuple dont on a volé le passé ? Le futurisme africain demande : à quoi ressemble l’avenir vu de Lagos, de Nairobi ou de Kinshasa, dans des langues africaines, avec des dieux et des villes africaines ? Les deux questions sont puissantes, et les deux sont nécessaires.
Le Katiomics : un avenir congolais

L’univers ISOLELE se trouve là où les deux se rencontrent. Il est créé à Kinshasa et à Bukavu par des artistes congolais, enraciné dans l’histoire kongo, luba et koushite : du futurisme africain. Et il parle à toute la diaspora, de Harlem au Brésil et à Paris : de l’afrofuturisme. ISOLELE appelle son genre le Katiomics.
Ses héros le montrent. Mwindo Lumumba, la Panthère africaine, porte la mémoire de Patrice Lumumba vers l’avenir. Ganga Zumba revient du Brésil du XVIIe siècle en Negus Captain Afrika, la peau d’Ethercobalt vivant. Elikya, l’Enfant perdu du Soudan, est un cyborg reconstruit par des scientifiques makanda. Et Makanda City, la capitale cachée, unit des vaisseaux volants à la mémoire de l’ancien Kongo.
L’avenir se souvient
Toute œuvre afrofuturiste ou de futurisme africain partage une conviction : l’avenir n’est pas quelque chose qui arrive à l’Afrique. C’est quelque chose que l’Afrique construit. Dans l’univers ISOLELE, la plus grande technologie des Makanda n’a jamais été une arme. C’était la mémoire elle-même.
Questions fréquentes
Qui a inventé le mot afrofuturisme ?
L’écrivain Mark Dery, dans son essai Black to the Future, en 1993.
Quelle différence entre afrofuturisme et futurisme africain ?
L’afrofuturisme est né surtout dans la diaspora africaine. Le futurisme africain, terme proposé par Nnedi Okorafor en 2019, centre la science-fiction sur l’Afrique elle-même, ses cultures et son regard.
Existe-t-il des BD afrofuturistes africaines ?
Oui. L’univers ISOLELE, créé à Kinshasa, fait des BD congolaises qui mêlent histoire africaine, folklore et avenir dans le genre Katiomics.
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